Les 15 et 16 avril derniers, nous avons pris la direction de Paris La Défense Arena pour assister à la 33e édition de GO Entrepreneurs, un événement incontournable qui rassemble chaque année des milliers d’acteurs du monde entrepreneurial. Sur le papier, tout y est : une programmation dense, une fréquentation impressionnante, des intervenants reconnus et une promesse claire, celle de permettre aux entrepreneurs de viser plus haut et de performer durablement .
Mais au-delà des chiffres et de l’organisation, ce qui nous intéressait vraiment, ce n’était pas simplement d’assister à un salon de plus. Nous y sommes allées avec une intention bien précise : observer ce que cet événement raconte, en creux, de l’entrepreneuriat aujourd’hui. Quelles postures y sont visibles ? Quelles dynamiques émergent ? Et surtout, qu’est-ce qui nourrit - ou au contraire fragilise - la manière dont les entrepreneurs habitent leur business ?
Dès les premières minutes, l’énergie du lieu est palpable. Les scènes s’enchaînent, les conférences s’enchaînent elles aussi, les espaces de networking ne désemplissent pas, et l’ensemble donne une impression de mouvement permanent. Il se passe toujours quelque chose, partout, tout le temps.
Le public est majoritairement composé de jeunes entrepreneurs, de porteurs de projets ou de profils en phase de lancement. Une nouvelle génération clairement en mouvement, curieuse, engagée, et souvent très créative dans ses approches. Les discours que nous avons entendus tournent autour de la même réalité : le monde évolue vite, l’intelligence artificielle accélère les transformations, et il devient essentiel de se différencier, que ce soit par son histoire, son offre ou sa manière d’aborder le marché.
Dans ce contexte, certaines tendances s’imposent presque naturellement. L’IA est omniprésente, la facture électronique devient un sujet structurant, et le solopreneuriat occupe une place de plus en plus importante, avec des dispositifs et des accompagnements qui commencent enfin à se structurer.
L’ensemble est riche, stimulant, parfois même enthousiasmant… mais aussi, il faut bien le dire, un peu vertigineux.

Ce que cela révèle de la posture entrepreneuriale
C’est en prenant un peu de recul que les choses deviennent particulièrement intéressantes.
Car derrière cette énergie, nous avons observé une forme de tension dans la posture des entrepreneurs.
Beaucoup semblent courir, accumuler, chercher à intégrer un maximum d’informations et d’outils, avec cette impression diffuse qu’il faut tout maîtriser pour réussir. Les injonctions sont nombreuses, parfois implicites, parfois très explicites : structurer, optimiser, performer, se rendre visible, scaler.
Et en parallèle, une autre dynamique émerge, portée notamment par les plus jeunes. Une envie de faire différemment, d’assumer plus de créativité, d’accepter une forme d’imperfection, et de construire des projets qui leur ressemblent davantage. Il y a là un tiraillement entre un modèle plus traditionnel, très orienté performance et sécurisation, et une approche plus libre, plus intuitive, mais encore en quête de repères.
Ce qui nous a particulièrement frappées, c’est que tout, ou presque, est pensé autour du projet : le financement, le juridique, les outils, la structuration, la croissance. En revanche, très peu d’espace est consacré à l’entrepreneur lui-même - à sa posture, à son positionnement, à la manière dont il incarne son activité au quotidien. Or, c’est précisément à cet endroit que se joue la solidité et la pérennité d’un projet.
Des points forts indéniables… et des angles morts
Il serait injuste de ne pas souligner la richesse de l’événement. La diversité des conférences permet à chacun de trouver matière à réflexion, l’espace librairie - notamment avec la présence des éditions Eyrolles - offre un accès direct à des ressources de qualité, et l’énergie portée par la nouvelle génération d’entrepreneurs est indéniablement inspirante. De même, la reconnaissance croissante des solopreneurs et des dispositifs qui leur sont dédiés va clairement dans le bon sens.
Pour autant, certains manques interrogent.
L’international, par exemple, est quasiment absent, avec un espace peu visible et très peu représentatif de la diversité des opportunités existantes, notamment au sein de la francophonie. Dans un monde où les frontières économiques sont de plus en plus poreuses, cette absence surprend.
Autre point marquant : la quasi-invisibilité des acteurs de la RSE, alors même que les aspirations évoluent fortement dans ce domaine. L’écart entre les attentes sociétales et les solutions proposées sur le terrain est ici particulièrement perceptible.
Enfin, et c’est sans doute le point le plus structurant, la question du mindset et de la posture entrepreneuriale reste largement sous-exploitée. L’accompagnement se concentre majoritairement sur le “faire”, sur les outils et les méthodes, mais beaucoup moins sur le “être”, c’est-à-dire sur la capacité de l’entrepreneur à se positionner, à faire des choix alignés et à porter son projet avec cohérence.
Ce que nous en retenons (et ce que nous ferions différemment)
Avec le recul, nous ferions probablement le choix de concentrer notre présence sur une seule journée, en ciblant en amont les conférences les plus pertinentes. La richesse de l’offre est telle qu’il devient essentiel de faire des choix clairs pour ne pas se disperser et repartir avec une véritable valeur ajoutée.
Mais au-delà de l’événement en lui-même, ce que nous retenons le plus marquant ne s’est pas joué dans les allées du salon. C’est lors d’un moment beaucoup plus simple, autour d’une table, en échangeant avec d’autres entrepreneures, que les discussions les plus profondes ont émergé. Des échanges sincères, des partages d’expériences, des questionnements sur les trajectoires et les choix à venir.
C’est là que quelque chose de plus juste s’est exprimé.
Et finalement…
GO Entrepreneurs est un événement utile, structurant, particulièrement pertinent pour les entrepreneurs en phase de création ou de lancement en France. Il offre une vision large, des ressources concrètes et une énergie stimulante.
Mais il met aussi en lumière un manque plus profond : celui d’espaces où l’on prend le temps de travailler la posture de l’entrepreneur, sa manière d’habiter son rôle, et sa capacité à faire évoluer son business en cohérence avec qui il est.
Car se développer, notamment à l’international, ne consiste pas simplement à étendre une activité existante. C’est souvent une nouvelle étape de création, qui nécessite de revisiter ses repères, ses choix et son positionnement.
Et c’est précisément dans ces moments-là que CIELF prend tout son sens.
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